Le Haut-Xekong est situé dans le sud du Laos, au sein d'un méandre occidental de la cordillère annamitique caractérisé par un relief accidenté, de longues crêtes orientées vers le sud, des vallées profondes, des rivières impétueuses, des forêts inhabitables et des bois sacrés : une terre sauvage formant une barrière naturelle contre les influences incertaines du monde extérieur, une petite Amazonie laotienne méconnue, paradis perdu de certains clans Katu proto-indochinois du Sud.
À l'époque coloniale, le Haut-Xekong est une zone inconnue, inexplorée, inaccessible, voire inexplorable ; une contrée fermée et redoutée, une « tache blanche » sur la carte, surnommée la « terre des chasseurs de têtes ». La France coloniale finit par en prendre le contrôle en 1938, mais cette administration est éphémère : un an plus tard, une violente révolte armée éclate et la région sombre à nouveau dans l'isolement. Durant les guerres d'Indochine, le Haut-Xekong devient un maquis de l'Armée populaire vietnamienne (NVA) et un maillon essentiel de la piste Hô Chi Minh ; il subit en conséquence des bombardements intensifs de l'USAF ainsi que les répercussions des opérations secrètes américaines. Curieusement, cette région légendaire est demeurée hermétiquement fermée jusqu'à l'émergence récente de projets de développement dans sa partie méridionale. Entre 2011 et 2015, le département de production de Secret Indochina a mené plusieurs missions de reconnaissance au cœur de ce territoire, donnant naissance à des programmes uniques mêlant ethnographie et aventure au sein de l'ethnie Katu.